Passer de l’utopie à la réalité – passer du discours aux actes
Passer de la théorie à la pratique.
Redéfinir les théories
Peaufiner les pratiques.
Que de chemin à parcourir pour développer de nouvelles technologies et surtout avoir une approche différente de l’énergie que nous consommons tous les jours. Nous savons que les biens qui se raréfient, tels que le pétrole, le charbon, le gaz ou l’uranium, sont devenus des enjeux stratégiques, et certains dirigeants n’hésitent plus à engager des conflits armés pour se les approprier au meilleur prix. Que ce soit pour la consommation actuelle ou pour accumuler des réserves, ces stocks d’énergies non renouvelables sont une des sources de conflits armés parmi d’autres.
A ceci s’ajoute l’augmentation graduelle et progressive des émissions de CO2 dans l’atmosphère. L’effet de serre au niveau de notre planète sera d’ailleurs un des facteurs de limitation drastique de l’usage des énergies non renouvelables, car leur impact sur le climat et la santé de notre biosphère deviendra une véritable menace pour tous. L’effet de serre augmente progressivement malgré les timides efforts entrepris à ce jour. Les scénarios catastrophiques sur les plans socio-économique et environnementaux suite au bouleversement climatique se confirment au fils du temps. Et pourtant, malgré cela, en 2003, un litre de pétrole, fruit d’un long processus de transformation qui a duré plus de 100'000 ans, coûte à la pompe moins cher qu’un litre d’eau minérale !
Un non-sens qui risque de perdurer puisque plusieurs grandes puissances ont refusé les accords de Kyoto, et sont même prêtes à entrer en guerre pour maintenir le prix du baril au plus bas !
Et le nucléaire ? Autre source d’énergie, elle aussi à court terme; en raison des ressources limitées de l’uranium. Si elle ne produit pas de CO2, les déchets qu’elle laisse à la charge des générations futures sont tout simplement irresponsables, voire criminels. De plus, cette source ne peut satisfaire qu’une toute petite partie de la population du globe et pour une durée très limitée. Et pourtant elle fait des envieux, tant pour son prestige que pour de possibles utilisations d’éléments radioactifs pour fabrique des armements. Derrière un usage soit-disant pacifique se cachent bien d’autres intérêts.
Mis à part la rareté et l’impact sur l’environnement, la lutte pour les sources d’énergies non-renouvelables ne touche-t-elle pas d’abord les pays de l’OCDE ? Et les pays du sud, que font-ils et que deviendront-ils ? La génération actuelle vit en direct le partage de la planète.
Après l’accumulation de la richesse financière et la suprématie de puissances militaires, voilà maintenant que les mêmes font main basse sur toutes les réserves énergétiques non-renouvelables. Il y a 20 ans, on parlait déjà de l’épuisement des ressources à court terme et certains prédisaient déjà des conflits armés dans 30 voire 40 ans pour se les approprier. Ces visions utopiques sont devenues des réalités plus rapidement que prévu et ceci bien que le potentiel disponible ne soit pas épuisé. Si rien ne change, le pire est donc à venir.
Les énergies renouvelables, les énergies de la paix ?
L’énergie solaire atteignant la surface du globe pendant un an est 10'000 fois plus importante que la consommation d’énergie primaire annuelle de notre planète.
L’énergie solaire est une énergie sans frontières. Son irradiation est relativement faible, soit 1'000 W par mètre carré au niveau de la surface terrestre. Mais utilisée judicieusement, elle permettrait de couvrir l’ensemble de nos besoins vitaux et une bonne partie de notre confort actuel. Seul 0,1% de l’énergie solaire est utilisée pour la photosynthèse des plantes. Elles forment la base de notre alimentation.
L’avènement d’une société alimentée en grande partie par des énergies renouvelables est donc possible à terme. En l’état actuel de la science combien d’années faudra –t-il encore attendre ? 50 ou 100 ans ? Vu l’évolution actuelle des mouvements de citoyens face à la mondialisation et des moyens d’information autour du globe, il se peut que la réalité rattrape cette vision utopique plus rapidement que prévu.
La volonté de vivre dans un monde plus juste, plus équitable et respectueux de l’environnement, défendue par plusieurs mouvements de citoyens, sera un facteur d’accélération important. Dans les pays du sud comme du nord, de nombreuses expériences démontrent le bien-fondé de cette évolution. Que ce soit des maisons « passives », c’est-à-dire pratiquement autonomes, alimentées uniquement par des énergies renouvelables, ou des systèmes d’irrigation avec des pompages éoliens ou solaires au sud : les technologies existent. Encore faut-il savoir les utiliser, les développer, les améliorer : le champ de formation est vaste.
L’objectif est de partager les ressources énergétiques non-renouvelables avec plus de justice afin de contribuer à la construction d’un monde de paix. Il est certes plus facile de maintenir le laisser-faire actuel en comptant sur la force économique et militaire pour assurer la main-mise sur les ressources énergétiques non-renouvelables : pétrole, uranium, charbon, gaz et autres, que de trouver des alternatives crédibles avec un partage plus équitable des ressources.
Les centres académiques ont d’autres priorités, les écoles de formation pour l’application des énergies renouvelables sont quasiment inexistantes ou en manque de moyens pour développer des filières débouchant sur des applications pratiques et viables à grande échelle.
Pourtant l’avenir professionnel est assuré pour tous les techniciens, au nord comme au sud, qui se lanceront dans la filière des énergies renouvelables avec un bon bagage scientifique, technique ou pratique. Aujourd’hui, dans ce domaine, la demande dépasse largement l’offre et la prise de conscience des décideurs et de la population devrait soutenir cette évolution pour les prochaines décennies.
L’Ecole d’ingénieurs de Lullier offre des pistes d’espoir
Le complexe de Lullier offre la possibilité de se sensibiliser à des applications concrètes d’énergies renouvelables telles que :
la bio-masse avec l’exemple de la filière bois pour la substitution du mazout dans le cadre d’une chaufferie centralisée comme le démontre le texte de Monsieur Bonvin du DAEL. Dans un proche avenir, la co-génération bois (production de chaleur et d’électricité) devrait arriver sur le marché avec un impact économique et écologique important pour les chauffages et éclairages de serres, ainsi que d’autres bâtiments dans les exploitations horticoles.
L’énergie solaire thermique avec le préchauffage de l’eau chaude sanitaire. (Développé brièvement dans les textes suivants vu l’abondance de littérature technique et scientifique dans ce domaine.)
L’énergie solaire photovoltaïque avec un toit solaire raccordé au réseau d’électricité. Cette source d’électricité également très importante pour les exploitations agricoles devrait trouver sa place dans les années à venir.
D’autres applications contribuent indirectement à l’amélioration du bilan énergétique global :
toutes les mesures prises pour améliorer l’efficacité énergétique sur le plan thermique et électrique dans l’ensemble du bâtiment et des exploitations. Dans ce domaine, un potentiel énorme d’économies est encore réalisable. La volonté des décideurs et le comportement des utilisateurs vont de pair avec ces améliorations techniques.
La récupération d’eau de pluie, sachant qu’à Genève nous consommons 0,8 kWh par m3 d’eau pompée du site de pompage en passant par la filtration, le traitement, jusqu’à la station d’épuration d’Aïre et son rejet dans le Rhône. Donc 1'000 m3 d’eau potable utilisée pour l’irrigation égale à Genève approximativement 1MWh d’électricité…
Il en va de même avec le compostage, qui permet de diminuer les apports chimiques. Selon le texte de l’ADER, un complément avec un bio-gaz serait souhaitable, voire indispensable.
Toutes ces applications technologiques, associées à un changement de comportement des utilisateurs, permettent d’entrevoir des pistes d’espoir pour bon nombre de jeunes diplômés, leur offrant ainsi des perspectives d’avenir fondées sur l’usage d’énergies propres. Leur prise de conscience et leurs connaissances techniques permet d’espérer la construction d’un monde plus juste.
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